Ligne(s) de vie – 2024/2025
Janvier 2024/Septembre 2024 – Nancy
Photographies, podcast, cartes, graffitis
Avec la métropole du Grand Nancy
Ce projet explore la mobilité et l’inclusion dans l’espace public à travers trois œuvres collaboratives réalisées avec les habitant·e·s de Nancy. En mêlant récits intimes et observations collectives, il interroge notre rapport aux transports en commun.
L’installation se déploie directement aux arrêts de trolley, transformant ces espaces de passage en lieux de contemplation et de dialogue. Photographies, carte interactive, archives locales, témoignages, textes et podcasts tissent une narration plurielle, où se croisent mémoire collective et expériences individuelles.
Inspirée des web-documentaires, cette création immersive invite les passager.es à devenir spectateur.ices de leur propre mobilité.
Réalisé à partir de logiciels libres, ce projet revendique une approche ouverte et accessible de la création, où les outils numériques prolongent une démarche artistique ancrée dans le partage et la co-création.
> Exposition d’avril 2025 à décembre 2025 à l’arrêt de tram Cathédrale (Nancy)
1/3. Vie de conducteur.ice — une série de podcasts
Cette série donne la parole aux conducteurs et conductrices de bus de Nancy. Qu’ils soient jeunes recrues ou retraité.es, iels racontent leur quotidien, leurs souvenirs et leurs observations. Au-delà de la conduite, ces professionnel.les développent une vraie connaissance du territoire et des passants qu’iels croisent chaque jour. À travers leurs témoignages, une autre facette de la ville se dévoile : celle de celles et ceux qui la relient et la font vivre.
Les podcasts sont disponibles ici : https://audioblog.arteradio.com/blog/244383/amandine-turri-hoelken
2/3. Sur les traces du tramway disparu – Une carte interactive de l’histoire des transports à Nancy
Carte disponible ici
Nancy a connu un vaste réseau de tramways entre 1874 et 1958, reliant les quartiers et façonnant le paysage urbain. Elle allait de Pont-Saint-Vincent à Frouard. Aujourd’hui, si ces lignes ont disparu, elles ont pourtant laissé des traces. Ce projet propose de redécouvrir ces vestiges, de questionner la manière dont la ville conserve ou efface son passé, et d’offrir une nouvelle manière d’explorer Nancy à travers ses anciennes lignes de tram.
Pour reconstituer cette carte, j’ai travaillé à partir de documents d’archives, notamment grâce à Laurence Dupeyron des bibliothèques de Nancy et aux ressources de la galerie Limédia. Ces recherches ont permis de retrouver les tracés des différentes lignes qui ont existé entre 1874 et 1958. J’ai également eu accès à des photographies d’archives, issues des fonds d’Image’Est, qui montrent la place centrale qu’occupait le tramway dans la vie quotidienne des Nancéiens. Mais au-delà des archives, ce projet repose aussi sur un travail de terrain. Avec @le_traminot_nancéien, passionné d’histoire des transports, nous avons parcouru ces anciens trajets à vélo, recherchant et photographiant les traces encore visibles aujourd’hui.
Grâce à ces recherches et explorations, une carte interactive a été créée et est consultable [ici]. Elle permet de visualiser les tracés successifs du tramway et d’y superposer les photographies des vestiges encore présents. Cette carte a été entièrement élaborée avec Umap, un logiciel libre qui permet de cartographier et partager des données géographiques de manière accessible et collaborative
En complément, une partie de ces images est également accessible en réalité augmentée : en vous tenant devant l’arrêt de tram où est affichée la carte imprimée, vous pourrez voir apparaître sur votre écran les photographies des vestiges, superposées à la ville actuelle. Cette mise en perspective permet de mieux comprendre comment le passé dialogue avec le présent et de redonner vie à ces trajets oubliés.
Légendes des images en fin de page.
3.3. Les Graffitis
Ce projet, initialement pensé pour être installé sur un arrêt de tram, ne pourra finalement pas être exposé. Les graffitis sont à découvrir dans le diaporama ci dessous
L’idée était de transformer cet arrêt en un espace d’expression où la parole des habitant.es s’inscrit dans le paysage urbain sous forme de graffitis imprimés sur des autocollants transparents. L’œuvre s’articulait autour de trois niveaux de lecture, jouant entre spontanéité et mise en scène.
Les phrases collectées, issues des habitants, reflétaient des points de vue contrastés sur la ville, entre nostalgie, progrès et lien social. Ces mots, mis en forme comme de faux graffitis, interrogeaient la frontière entre parole libre et parole encadrée, questionnant ce qui est perçu comme authentique ou institutionnalisé.
Pour réaliser cette installation, j’ai d’abord relu les 800 récits collectés dans le cadre du projet Ligne de vie(s) de la Métropole du Grand Nancy. J’ai ensuite rencontré des habitants et des collectifs afin de recueillir de nouveaux témoignages et d’enrichir cette parole.
Parmi ces récits, j’en ai sélectionné une quarantaine, en veillant à refléter la diversité des expériences et des points de vue, parfois contradictoires. L’objectif était de donner à voir un panorama représentatif des sensibilités et des débats qui traversent la ville.
À partir de cette sélection, j’ai animé de petits ateliers participatifs où les participants étaient invités à imaginer qui aurait pu prononcer ces phrases et pourquoi cette personne aurait choisi de les taguer sur un arrêt de bus. Chaque participant s’appropriait ces paroles en dessinant un graffiti, qui venait enrichir la collection au fil des séances. Une reconstitution numérique permettait de suivre l’évolution du projet séance après séance.
Enfin, chaque graffiti a été scanné, détouré et intégré à l’ensemble final, donnant naissance à cette œuvre collective et évolutive, où la parole des habitants prend corps dans l’espace public.
























Remerciements
Ce projet n’aurait pas été possible sans l’aide précieuse de nombreuses personnes. Un immense merci à @le_traminot_nancéien pour son expertise et le temps passé ensemble à explorer la ville, à Laurence Dupeyron pour son aide précieuse dans les recherches d’archives, et à Image’Est pour la mise à disposition de leurs documents historiques.
Je tiens à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué en partageant leurs témoignages, ainsi que le collectif Je suis féministe et celles et ceux qui ont participé à la création des visuels pour les graffitis.
Un grand merci également aux passionnés de transports qui ont enrichi ma compréhension du sujet, en particulier @anr_transports dont les connaissances ont été précieuses même si elles n’ont pas pu être toutes intégrées ici, ainsi que @quatre_roues_fane_transports, @passion.bus, @nathan_le_nancéien, @nonorail54, @transports_europe et @transport_54.
Un grand merci également à Miguel Gervilla, dont les conseils ont été essentiels pour la mise en place de la réalité augmentée, permettant ainsi d’ajouter une nouvelle dimension à cette exploration du passé.
Crédit et sources utilisées pour le projet Sur les traces du tramway disparu
Photographies couleurs : Amandine Turri Hoelken
* Les numéros font références à ceux indiqués sur la carte interactive
1* FI-1006-0440 – Environ 190, Tramway passant devant la brasserie Martinot (futur Trianon) au terminus du tramway à l’entrée de Maxéville (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Lavocat, ©Association mémoire de Maxéville – Image’Est
2 FI-0574-2676 – Entre 1890 et 1900, Tramway hippomobile sur le Cours Léoplod à Nancy (Meurthe-et-Moselle) en hiver au niveau de la rue de la Monnaie et l’ancien kiosque de la Compagnie générale des tramways. Photographe : Léopold Poire, © Francine Charmont – Image’Est
3 FI-0859-1563 – Environ 1908, Tramway remontant la rue Saint-Jean à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
4 FI-0859-1561 – Environ 1912, Tramway traversant l’actuelle place Godefroy de Bouillon devant le pensionnat Saint-Joseph qui sera remplacé par la faculté de Lettres à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
5 FI-0859-1562 – Environ 1910, Tramway traversant le faubourg de Nancy à Frouard (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
6 FI-0859-1560 – Entre 1905 et 1910, Tramway électrique rue Nationale à Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Nicolle, © François Rémond – Image’Est
7 FI-0859-1559 – Entre 1898 et 1905, Tramway électrique avenue Carnot à Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
8 FLPH118-11 – 1915, Barrès des victimes du bombardement par avion du 27 avril 1915 devant le parvis de la cathédrale de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Les défunts sont Émile And, 50 ans, Antoine Baumet, 48 ans, Lyon George, 53 ans, tous les trois employés de la ville de Nancy et Maurice Rayeur, 13 ans. Photographe : Henry Dufey, © Jean-Marie Picquart – Image’Est
9 FI-0222-0662 – Entre 1917 et 1922, La place Maginot (anciennement place Saint-Jean) à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Armand Durupt, © Gilles Durupt – Image’Est
10 FI-0859-1280 – Environ 1906, Illustration de la place Stanislas à Nancy (Meurthe-et-Moselle) utilisée à des fins publicitaires par l’Hôtel-restaurant de Belfort (46, rue Saint-Jean) dirigé par M. P. Schnebelen. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
11 FI-0859-1260 – Environ 1920, La rue Gambetta près de la place Stanislas à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
12 FI-0892-0550 – Entre 1887 et 1890, La rue des Michottes et ses tramways hippomobiles à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Ce cliché est extrait d’un album photographique (plat noir) ne portant aucun titre, comprenant 37 photographies contrecollées sur carton, prises par le lieutenant-colonel Joseph Jules Delarue (1839-1925), commandant le 50e régiment territorial d’infanterie de Nancy, photographe amateur et membre actif de la prestigieuse Société Lorraine de Photographie (fondée à Nancy en 1894) à laquelle il adhère en 1895 (Bulletin de la Société Lorraine de Photographie, n°3 septembre 1895). Photographe Joseph Jules Delarue, © Sylvette Rigollot – Image’Est
13 FI-0892-0489 – Entre 1895 et 1900, La Porte Saint-Nicolas à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Cette photographie est extraite d’un album photographique intitulé, » J. D. » comprenant 71 photographies contrecollées sur carton, prises par le lieutenant-colonel Joseph Jules Delarue (1839-1925), commandant le 50e régiment territorial d’infanterie de Nancy, photographe amateur et membre actif de la prestigieuse Société Lorraine de Photographie (fondée à Nancy en 1894) à laquelle il adhère en 1895 (Bulletin de la Société Lorraine de Photographie, n°3 septembre 1895). Photographe Joseph Jules Delarue, © Sylvette Rigollot – Image’Est
14 FI-0889-0202 – Environ 1924, La rue de la République à Malzéville (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © Denis Ravaux – Image’Est
15 FI-0859-0879 – Environ 1909, La Porte Sainte-Catherine et le boulevard de la Pépinière à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
16 FI-0859-0842 – Environ 1929, La rue Braconnot et son école à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Au premier plan, le monument de Grandville (1803-1847), dessinateur, aquarelliste, caricaturiste et lithographe. Réalisé en 1893 par le sculpteur Bussière et inauguré la même année le 15 juin, le buste sera malheureusement fondu en 1941 tandis que la statue de la » femme au miroir « sera envoyée à Bordeaux. Le buste a été remplacé depuis et disposé à l’intérieur du parc de la Pépinière. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
17 FI-0859-0753 – Environ 1910, La rue des Quatre-Églises à Nancy (Meurthe-et-Moselle), terminus des tramways suburbains. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
18 FI-0859-0738 – Environ 1908, La rue Saint-Dizier et la place du Marché à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
19 FI-0859-0652 – Environ 1908, La rue Saint-Georges à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
20 FI-0859-0578 – Environ 1906, La rue et la place Saint-Georges à Nancy (Meurthe-et-Moselle). À droite, la porte Saint-Georges. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
21 FI-0859-0481 – Environ 1955, La place Saint-Jean et les Magasins Réunis à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
22 FI-0859-0395 – Environ 1906, Pont du faubourg Stanislas, actuelle rue Raymond Poincaré, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). En arrière-plan, la porte Stanislas. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
23 FI-0859-0397 – Environ 1904, Pont du faubourg Stanislas, actuelle rue Raymond Poincaré, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
24 FI-0859-0323 – Environ 1907, Entrée de la rue Victor Hugo à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Au premier plan, un tramway électrique de la ligne n°21. Photographe : Jacobs, © François Rémond – Image’Est
Note Amandine Turri Hoelken : Il me semble que la légende confond le numéro du tram et le numéro de la ligne. La ligne 21 n’existe pas à ma connaissance. Il s’agit vraisemblablement (au vu de l’itinéraire) de la ligne 7
25 FI-0859-0309 – Environ 1912, Square Godefroy-de-Bouillon à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Au second plan, l’Institution Saint-Joseph fondée en 1874 par Monseigneur Foulon. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
26 FI-0859-0292 – Environ 1919, La rue de Toul, future avenue de la Libération, au niveau de l’église Saint-Mansuy à Nancy (Meurthe-et-Moselle), avec ses nouveaux aménagements (trottoirs, pavage de la route, rails de la ligne du tramway électrique, arbres). On remarquera à droite le décrochement prévu pour le terminus du tramway. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
27 FI-0859-0030 – Environ 1925, La place Thiers à Nancy (Meurthe-et-Moselle) à la fin des années vingt. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
28 FI-0061-0017 – Environ 1890, Tramway hippomobile Grande Rue à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Henri Bellieni, © Jacqueline Ritter – Image’Est
29 FI-0061-0018 – Environ 1890, Tramway hippomobile Grande rue à Nancy (Meurthe-et-Moselle) appelé aussi « tramway à crottin » . Photographe : Henri Bellieni, © Jacqueline Ritter – Image’Est
30 FI-0053-0006 – Environ 1910, Passage d’un tramway (ligne n°17) place Saint-Georges à Nancy (Meurthe-et-Moselle). La porte Saint-Georges, construite de 1606 à 1619, fut sérieusement menacée de destruction dans la deuxième moitié du XIXe siècle afin de faciliter la circulation du tramway. Les amis du vieux Nancy, Emile Gallé entre autre, aidés par un certain Victor Hugo, s’y opposèrent fermement. Photographe : Anonyme, © Jean Barbillon – Image’Est
Note Amandine Turri Hoelken : Il me semble que la légende confond le numéro du tram et le numéro de la ligne. La ligne 17 n’existe pas à ma connaissance. Il s’agit vraisemblablement (au vu de l’itinéraire) de la ligne 4 (en direction de Préville)
31 FI-0189-0155 – Entre 1920 et 1930. Les transbordeurs des Usines Solvay et Cie à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Daniel Delboy, © Dominique Moneret – Image’Est
Note Amandine Turri Hoelken : Les rails du tramway sont visibles à droite de l’image.
32 FI-0189-0024 – Entre 1920 et 1930. Les Usines Solvay à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle) entre 1920 et 1930. Photographe : Daniel Delboy, © Dominique Moneret – Image’Est
Note Amandine Turri Hoelken : Les rails du tramway sont visibles à gauche de l’image.
33 FI-0859-0924 – Entre 1940 et 1950, La rue Molitor et la rue de Bitche à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
Note Amandine Turri Hoelken : Les rails du tramway sont visibles au centre de l’image.
34 FI-0859-1762 – 1922, La danse des Gilles lors de la cavalcade de la Mi-Carême à Nancy (Meurthe-et-Moselle). À l’arrière-plan, Nancy-Thermal. Photographe : Anonyme, © François Rémond – Image’Est
Note Amandine Turri Hoelken : Les rails du tramway sont visibles au centre de l’image.
35 – Le tramway suburbain à Chavigny
36 – Passage du tramway suburbain dans la forêt
37 – FI-0859-2779 – 1952, Tramway passant à l’angle de l’avenue du général Leclerc et de la rue Blandan à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Une légende dactylographiée au dos précise : » La motrice à bogies n°116 emmène une remorque sur la ligne suburbaine 14 (Neuves-Maisons – Pont-Saint-Vincent) « . Photographe : Pierre Laurent, © François Rémond – Image’Est
Carte utilisée numéro 1 : Badel, Émile, Nancy : nouveau guide complet, 1914. Disponible sur la galerie Limédia [ici]
Carte utilisée numéro 2 : Erckmann-Chatrian, Seeing Nancy : a Guide for Americans with map, 1918. Disponible sur la galerie Limédia [ici]

































